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Travaux et réparations : qui paie entre le bailleur et le locataire ?

La frontière entre ce que doit payer le locataire et ce qui incombe au bailleur est précisément définie par la loi et le décret du 26 août 1987. Mais en pratique, chaque situation demande une analyse : un même problème peut relever de l'entretien courant, de la vétusté ou d'une dégradation selon son origine. Avant de répondre à un signalement, documentez le problème et qualifiez sa cause.

Mis à jour le 28 juin 20267 étapes
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Le principe général : entretien courant vs maintien en état décent

Le locataire est tenu d'assurer l'entretien courant du logement et de prendre en charge les réparations locatives définies par le décret du 26 août 1987. Il doit rendre le logement dans l'état dans lequel il l'a pris, déduction faite de la vétusté normale.

Le bailleur est tenu de maintenir le logement en état de servir à l'usage pour lequel il a été loué. Il doit prendre en charge les travaux qui ne sont pas des réparations locatives : gros travaux, remplacement d'équipements vétustes, mise aux normes, et réparations rendues nécessaires par la vétusté ou un vice de construction.

En cas de désaccord, la question clé est : quel est l'origine du problème ? Une fuite d'un joint d'évier relève du locataire si c'est un joint d'usage courant. La même fuite relève du bailleur si elle est due à l'ancienneté de la robinetterie. La distinction n'est pas toujours évidente — un professionnel peut aider à trancher.

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Ce qui relève du locataire : les réparations locatives

Le décret du 26 août 1987 liste les réparations locatives à la charge du locataire. Il s'agit principalement de l'entretien courant et des menues réparations liées à l'usage normal du logement.

  • Plomberie : joints de robinets, flotteur de chasse d'eau, dégraissage des siphons.
  • Chauffage : remplacement des piles du thermostat, purge des radiateurs, nettoyage annuel de la chaudière individuelle.
  • Électricité : remplacement des ampoules, des prises et interrupteurs cassés (hors vétusté).
  • Menuiserie : graissage des gonds et serrures, remplacement des joints de portes et fenêtres usés par l'usage.
  • Sols : entretien des parquets (vitrification exclue si la dégradation précède l'entrée), nettoyage des carrelages.
  • Jardins et extérieurs : tonte, taille, entretien des espaces verts privatifs.
  • Menues réparations : remplacement des tablettes, tringles à rideaux, fixations légères.

La liste du décret de 1987 n'est pas exhaustive. En cas de doute, le principe est : réparation légère liée à l'usage = locataire ; réparation importante ou due à la vétusté = bailleur.

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Ce qui relève du bailleur : décence et vétusté

Le bailleur doit maintenir le logement en état décent tout au long du bail. Il prend en charge les réparations importantes, les remplacements d'équipements vétustes et les travaux de mise aux normes. Il ne peut pas imputer ces coûts au locataire, même si la dégradation est apparue pendant la location.

  • Toiture, murs extérieurs et gros œuvre : étanchéité, infiltrations, fissures structurelles.
  • Remplacement de la chaudière collective ou d'un chauffe-eau hors service par vétusté.
  • Mise aux normes électrique ou gaz (remplacement complet d'une installation vétuste).
  • Remplacement de fenêtres défectueuses (pas seulement les joints).
  • Ravalement de façade et traitement des moisissures liés à un défaut d'étanchéité.
  • Remplacement de la robinetterie complète si l'usure est due à l'ancienneté (pas à un usage abusif).
  • Canalisations : remplacement en cas de fuite sur des tuyaux vétustes.
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La grille de vétusté : calculer la part imputable au locataire

La vétusté est la dépréciation normale d'un bien due au temps et à un usage standard. Le locataire ne peut pas être tenu de rembourser le coût total de remplacement d'un équipement qui avait déjà 10 ans lors de son départ. Une grille de vétusté (recommandée par la commission nationale de concertation) précise la durée de vie théorique de chaque équipement et le taux de vétusté applicable.

Exemple : un parquet stratifié a une durée de vie théorique de 15 ans. Si le locataire l'a occupé pendant 5 ans, le parquet a déjà 33 % de vétusté. Si des dégradations nécessitent un remplacement à 600 €, la part imputable au locataire est de 600 € × (1 - 33 %) = 400 €. Les 200 € restants sont à la charge du bailleur.

Appliquer la grille de vétusté protège le bailleur en cas de litige : une retenue justifiée par une grille officielle est beaucoup plus difficile à contester devant un tribunal qu'une retenue forfaitaire.

  • Peintures intérieures : durée de vie 7 ans environ.
  • Moquette : durée de vie 7 ans environ.
  • Parquet stratifié : durée de vie 15 ans environ.
  • Électroménager (réfrigérateur, lave-linge) : durée de vie 10 ans environ.
  • Robinetterie : durée de vie 15 à 20 ans.
  • Chaudière individuelle : durée de vie 15 à 20 ans.
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La marche à suivre en cas de signalement

Quand un locataire signale un problème, répondez rapidement par écrit (email), même pour dire que vous prenez note. L'absence de réponse peut être interprétée comme une validation de la demande ou un manquement à vos obligations. Demandez des photos et une description précise avant d'intervenir.

Évaluez l'urgence : une fuite d'eau active, une panne de chauffage en hiver ou une installation électrique défaillante appellent une intervention dans les 24 à 48 heures. Pour les problèmes moins urgents, un délai d'intervention de 2 à 4 semaines est raisonnable. Communiquez un délai estimé au locataire.

Faites intervenir un professionnel pour qualifier le problème si son origine n'est pas évidente. La facture ou le rapport d'intervention précise souvent la cause (vétusté, usage abusif, vice de construction) et tranche la question de la responsabilité.

  • Répondre par écrit dans les 24 heures, même brièvement.
  • Demander photos et description précise avant d'intervenir.
  • Qualifier l'urgence : urgence immédiate (fuite, panne chauffage hiver) vs non-urgent.
  • Faire appel à un professionnel pour les problèmes d'origine incertaine.
  • Archiver : date du signalement, qualification du problème, décision, facture d'intervention.
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Les travaux d'amélioration en cours de bail

Le bailleur peut réaliser des travaux d'amélioration ou de mise en conformité en cours de bail, même sans accord du locataire. Mais il doit respecter un préavis écrit de 1 mois minimum et prendre en charge les frais de relogement provisoire si les travaux rendent le logement inhabitable.

Si les travaux durent plus de 40 jours, le locataire peut demander une réduction de loyer proportionnelle à la durée et à la partie du logement inaccessible. Si les travaux sont particulièrement importants ou fréquents, le locataire peut donner son congé sans préavis.

Les travaux réalisés par le locataire avec l'accord du bailleur peuvent donner lieu à une indemnisation au départ. Les travaux réalisés sans accord ne donnent droit à aucune indemnisation et peuvent être une source de litige sur l'état des lieux de sortie.

  • Préavis obligatoire : 1 mois avant le début des travaux.
  • Travaux > 40 jours : réduction de loyer possible, proportionnelle.
  • Travaux rendant le logement inhabitable : relogement à la charge du bailleur.
  • Travaux par le locataire sans accord : pas d'indemnisation au départ.
  • Travaux par le locataire avec accord écrit : indemnisation possible selon convention.
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Si le locataire refuse l'accès pour des travaux

Le locataire est tenu de laisser accès au logement pour les travaux d'entretien, d'amélioration des parties communes ou de mise aux normes. Il ne peut pas s'y opposer sans motif légitime. En cas de refus injustifié, le bailleur peut mettre le locataire en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception.

Si le locataire persiste, une saisine du juge des référés permet d'obtenir en urgence une autorisation d'accès sous astreinte. Cette procédure est rapide mais doit être réservée aux cas sérieux (travaux urgents de sécurité, par exemple). Consultez votre ADIL ou un avocat avant d'engager une procédure judiciaire.

  • Locataire tenu de laisser accès pour travaux d'entretien et d'amélioration.
  • Refus injustifié : mise en demeure par lettre recommandée.
  • Refus persistant : saisine du juge des référés possible.
  • Garder une trace écrite de chaque demande d'accès et de chaque refus.

Pour tout litige sur les travaux ou la répartition des réparations, votre ADIL (Agence Départementale d'Information sur le Logement) offre des conseils gratuits.

Pour aller plus loin

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Sources officielles

Les règles peuvent évoluer. Vérifiez votre situation sur les fiches à jour avant d'agir.