1. Identifier la nature du retard
Tous les retards ne sont pas équivalents. Un locataire habituellement fiable qui paie avec 5 jours de retard un mois n'appelle pas la même réponse qu'un locataire qui n'a pas payé depuis 3 semaines sans répondre aux appels. Avant d'agir, qualifiez la situation : impayé ponctuel (incident de paiement isolé), impayé tardif (retards répétés qui s'allongent) ou défaillance structurelle (arrêt des paiements, plus de contact).
Vérifiez votre propre situation : le virement a-t-il été envoyé mais pas encore crédité ? Le locataire a-t-il indiqué un changement de RIB ou de banque ? Avant toute relance formelle, assurez-vous que le problème ne vient pas d'un délai bancaire ou d'une erreur de communication.
- Impayé ponctuel (< 10 jours, premier incident) : relance email bienveillante.
- Retards répétés : formalisation immédiate, email de mise en alerte.
- Absence de paiement > 15 jours sans réponse : mise en demeure LRAR.
- Absence de paiement > 1 mois : activation GLI, contact garant, préparation procédure.
- Vérifier d'abord : virement en transit ? Changement de RIB non signalé ?
2. La relance amiable : agir dès J+5
Dès le 5e jour suivant la date d'échéance contractuelle, envoyez un email de rappel simple et non accusateur. Un ton neutre et factuel est plus efficace qu'un ton agressif — l'objectif est d'obtenir le paiement, pas de déclencher un conflit. Mentionnez le montant dû, la date d'échéance et demandez une confirmation de paiement ou une explication.
Conservez cet email et toutes les réponses. En cas de procédure ultérieure, cet historique documente votre démarche amiable préalable et renforce votre dossier. Un juge apprécie que le bailleur ait cherché à résoudre la situation à l'amiable avant de saisir le tribunal.
Si le locataire répond avec une promesse de paiement à une date précise, confirmez-la par écrit et attendez. Si la date promise passe sans paiement, passez à l'étape suivante sans attendre davantage.
- J+5 : email de relance simple, montant et date d'échéance rappelés.
- Ton neutre : 'Nous n'avons pas reçu votre règlement de juillet. Pouvez-vous nous confirmer ?'
- Conserver l'email envoyé + toute réponse du locataire.
- Promesse de paiement à une date → confirmer par écrit, patienter jusqu'à cette date.
- Date promise non tenue → passer à la mise en demeure sans délai supplémentaire.
3. La mise en demeure formelle : J+15
Sans réponse ou sans paiement à J+15, envoyez une mise en demeure de payer par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Ce courrier marque le début de la procédure formelle. Il doit mentionner le montant total dû (loyer + charges + éventuels arriérés), la date limite de régularisation (généralement 8 jours), et la mention que faute de règlement, vous vous réservez le droit d'engager une procédure judiciaire.
La mise en demeure n'est pas une obligation légale préalable à la procédure judiciaire, mais elle est fortement recommandée pour deux raisons : elle peut suffire à déclencher le paiement, et elle constitue une preuve irréfutable que le locataire a été informé de l'impayé avant toute procédure.
Parallèlement, informez le garant (caution solidaire) de la situation par LRAR. Si vous avez souscrit une GLI, déclarez l'impayé à l'assureur dès ce stade — la plupart des contrats imposent une déclaration dans un délai précis (souvent 30 à 45 jours après l'impayé).
- LRAR au locataire : montant dû, date limite, mention de procédure éventuelle.
- Délai de régularisation : 8 jours (usage), sans obligation légale d'un délai minimum.
- LRAR au garant (caution solidaire) simultanément.
- GLI : déclarer l'impayé à l'assureur dans le délai contractuel (vérifier votre contrat).
- Conserver l'accusé de réception du recommandé.
Pour les baux d'habitation, la résiliation du bail pour impayé requiert une procédure judiciaire et une décision de justice. Vous ne pouvez pas changer la serrure, couper l'électricité ou l'eau, ni expulser vous-même le locataire — ces actes constituent un délit passible de poursuites pénales.
4. Activer la GLI ou le garant
Si vous avez souscrit une garantie loyers impayés (GLI), déclarez l'impayé à l'assureur dès le premier mois de retard complet. Le délai de déclaration est précisé dans votre contrat — le dépasser peut entraîner la déchéance de la garantie. L'assureur vous indiquera les pièces à fournir (bail, état des loyers, mise en demeure) et le délai de prise en charge.
Si vous avez opté pour une caution solidaire (garant personne physique), mettez-le en demeure de payer dès le premier impayé, par LRAR. La caution solidaire est immédiatement actionnable — vous n'avez pas à justifier d'une mise en demeure infructueuse du locataire au préalable (contrairement à la caution simple).
Si vous utilisez Visale (Action Logement), déclarez l'impayé sur le portail Visale. Action Logement prend en charge les loyers impayés dans les conditions prévues par la convention et engage ensuite le recouvrement auprès du locataire.
- GLI : déclarer dans le délai contractuel (souvent 30-45 jours), fournir bail + état des loyers + mise en demeure.
- Caution solidaire : LRAR au garant simultanément à la mise en demeure du locataire.
- Visale : déclaration sur le portail Action Logement, sans démarche judiciaire préalable.
- Conserver toutes les pièces transmises à l'assureur ou à Action Logement.
5. La procédure judiciaire : commandement de payer
Si la mise en demeure reste sans effet, la procédure judiciaire commence par un commandement de payer, délivré par un commissaire de justice (anciennement huissier) au locataire. Ce document officiel donne au locataire 2 mois pour régler l'intégralité de la dette (loyers + charges + frais). Ce délai peut être allongé par le juge si le locataire sollicite des délais de paiement.
Le commandement de payer est la première étape formelle vers la résiliation judiciaire du bail. Si la dette n'est pas réglée dans les 2 mois, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une ordonnance de résiliation du bail et, à terme, une autorisation d'expulsion. La procédure dure en moyenne 6 à 18 mois selon les juridictions.
Les frais de procédure (commissaire de justice, avocat si nécessaire) sont en principe mis à la charge du locataire défaillant par le juge, mais leur recouvrement effectif n'est pas garanti si le locataire est insolvable.
- Commandement de payer : délivré par commissaire de justice, délai 2 mois au locataire.
- Après 2 mois sans paiement : saisine du tribunal judiciaire.
- Jugement : résiliation du bail + titre exécutoire pour expulsion.
- Expulsion : uniquement sur ordonnance judiciaire + concours de la force publique.
- Délai moyen : 6 à 18 mois selon les juridictions (avec ou sans audience de conciliation).
- Trêve hivernale (1er novembre - 31 mars) : expulsions impossibles sauf exceptions.
Ne coupez jamais l'électricité, l'eau ou le gaz pour forcer le départ du locataire. Ces actes constituent une 'voie de fait' passible de 3 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (article 226-4-2 du code pénal).
6. Négocier un plan d'apurement
À n'importe quelle étape de la procédure, un locataire de bonne foi peut proposer un plan d'apurement : paiement de la dette par mensualités sur une période définie, en plus du loyer courant. Ce plan peut être accepté, mais formalisez-le impérativement par écrit (email signé ou avenant).
Si un plan d'apurement est conclu, vérifiez scrupuleusement chaque échéance. Le non-respect d'une seule mensualité doit déclencher une relance immédiate. Un plan d'apurement mal suivi peut vous faire perdre des mois supplémentaires.
En cas de jugement déjà prononcé, le locataire peut demander des délais de paiement au juge de l'exécution. Le juge peut accorder jusqu'à 36 mois de délais. Pendant ce délai, l'expulsion est suspendue mais le locataire doit payer son loyer courant et respecter les échéances de l'apurement.
- Plan d'apurement : formaliser par écrit (email signé ou avenant au bail).
- Préciser les montants et dates de chaque versement.
- Non-respect d'une mensualité → relance écrite immédiate.
- Plan d'apurement + loyer courant : les deux doivent être honorés.
- Délais accordés par le juge : jusqu'à 36 mois, suspension d'expulsion.
7. Comment lokt vous aide
lokt signale automatiquement tout loyer non encaissé dès le lendemain de la date d'échéance. Vous recevez une alerte sur votre espace bailleur (et par email si configuré), sans avoir à vérifier manuellement chaque mois que le virement est arrivé.
L'historique des paiements de chaque locataire est centralisé dans lokt : vous voyez d'un coup d'œil les mois payés, les retards et les impayés. En cas de procédure, vous exportez l'état complet des loyers (montants, dates, manquants) en PDF en quelques secondes — le document type attendu par les assureurs GLI et les commissaires de justice.
Pour les bailleurs avec plusieurs logements, lokt consolide les alertes impayés dans un tableau de bord unique. Plus besoin de surveiller plusieurs comptes bancaires ou tableaux Excel : un seul écran suffit pour voir l'état de chaque logement.
- Alerte automatique de loyer non encaissé dès J+1 après l'échéance.
- Historique des paiements par locataire, exportable en PDF pour la GLI ou le commissaire de justice.
- Tableau de bord consolidé : état des paiements de tous les logements en un seul écran.
- Archivage des échanges et mises en demeure dans le dossier locataire.
- Rappel de trêve hivernale : alerte en octobre pour anticiper les procédures.
Checklist opérationnelle
Tous les points à valider avant de passer à l'étape suivante.
- Date d'échéance du loyer vérifiée
- Relance email amiable à J+5
- Mise en demeure LRAR à J+15
- Garant informé par LRAR simultanément
- GLI déclarée dans le délai contractuel
- Commandement de payer via commissaire de justice si pas de règlement à J+60
- Plan d'apurement formalisé par écrit si accord amiable
- Historique des paiements archivé
- Trêve hivernale vérifiée avant toute procédure d'expulsion
Sources officielles
Les règles peuvent évoluer. Vérifiez votre situation sur les fiches à jour avant d'agir.
