1. Provisions vs forfait : choisir le bon mode
En location vide, les charges sont obligatoirement gérées par provisions avec régularisation annuelle. Vous fixez un montant mensuel de provisions estimé, et vous le régularisez chaque année en fonction des charges réelles. Le forfait charges est interdit en location vide.
En location meublée, vous avez le choix entre provisions avec régularisation (comme en vide) ou forfait charges. Le forfait est un montant fixe mensuel, non régularisé. Il est plus simple à gérer, mais vous devez estimer correctement les charges à la hausse : si les charges réelles sont supérieures au forfait, vous ne pouvez pas réclamer de complément.
Le choix entre provisions et forfait en meublé doit être fait dès la signature du bail et mentionné dans le contrat. Vous ne pouvez pas changer de mode en cours de bail sans avenant.
- Location vide : provisions avec régularisation obligatoires. Forfait interdit.
- Location meublée : provisions avec régularisation ou forfait (au choix, à mentionner dans le bail).
- Forfait : pratique mais risqué si charges sous-estimées — pas de rattrapage possible.
- Provisions : plus précises, mais impliquent une régularisation annuelle rigoureuse.
2. Les charges récupérables : ce que vous pouvez facturer
Le décret du 26 août 1987 (n° 87-713) liste de façon limitative les charges récupérables sur le locataire. Tout ce qui ne figure pas dans cette liste est à la charge définitive du bailleur, même si vous l'avez payé. Facturer une charge non récupérable expose le bailleur à devoir rembourser les sommes perçues.
Les principales charges récupérables concernent les parties communes (eau froide, eau chaude, entretien, électricité), les équipements collectifs (ascenseur, chauffage collectif, interphone) et les espaces extérieurs (gardiennage, espaces verts, voirie). Certaines taxes sont également récupérables : la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) est récupérable en totalité.
- Eau froide et eau chaude des parties communes et du logement (si compteur individuel).
- Électricité des parties communes et équipements collectifs.
- Chauffage collectif : combustible, maintenance, exploitation.
- Ascenseur : électricité, contrat d'entretien et petites réparations.
- Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM).
- Gardiennage (si le gardien assure effectivement des tâches d'entretien).
- Entretien des parties communes (ménage, produits, main d'œuvre).
- Espaces verts : entretien courant, arrosage.
Consultez le décret 87-713 ou l'article de blog lokt sur les charges récupérables pour la liste complète. En cas de doute, un charge non listée = charge bailleur.
3. Calculer la régularisation annuelle
La régularisation consiste à comparer les provisions encaissées sur l'année avec les charges réelles payées. Si les provisions excèdent les charges réelles, vous devez rembourser le trop-perçu au locataire. Si les charges réelles dépassent les provisions, vous avez le droit de réclamer le complément.
Pour une copropriété, la base de calcul est le décompte annuel des charges de copropriété établi par le syndic, ventilé entre charges récupérables et charges non récupérables (les charges de gestion et d'administration restent à la charge du bailleur). Pour un logement individuel (maison, eau individuelle), la base est le montant des factures réelles de l'année.
Exemple simple : provisions mensuelles = 80 €, soit 960 € sur 12 mois. Charges récupérables réelles selon le décompte de copropriété = 1 120 €. Régularisation = 1 120 - 960 = 160 € à réclamer au locataire. Si les charges réelles avaient été 820 €, vous auriez dû rembourser 140 €.
- Base de calcul en copropriété : décompte annuel du syndic (charges récupérables uniquement).
- Base de calcul logement individuel : factures réelles (eau, ordures, entretien).
- Régularisation = charges réelles − provisions versées.
- Trop-perçu : à rembourser au locataire dans le délai convenu (ou immédiatement).
- Complément : à réclamer par écrit avec pièces justificatives.
- Ajuster les provisions pour l'année suivante après régularisation.
4. Délais, pièces justificatives et obligations légales
La régularisation doit avoir lieu au moins une fois par an, dans le mois suivant la clôture du compte de charges de copropriété (généralement entre mars et juillet selon les exercices). Vous n'avez pas l'obligation d'effectuer la régularisation à une date précise — mais un retard excessif peut être interprété comme une renonciation tacite au complément.
Vous devez transmettre au locataire le décompte des charges (ou les factures pour un logement individuel) au moins un mois avant la date de régularisation pour lui permettre de vérifier. Ces pièces doivent être tenues à disposition du locataire pendant 6 mois après l'envoi du décompte.
Un locataire peut demander une copie des justificatifs à tout moment pendant cette période de 6 mois. Refuser de les communiquer vous expose à une contestation de la régularisation. Conservez les originaux (ou les copies scannées) pendant toute la durée du bail.
- Régularisation : au moins une fois par an.
- Décompte à transmettre : au moins 1 mois avant la régularisation.
- Justificatifs à conserver disponibles : 6 mois après envoi du décompte.
- Ajustement des provisions pour l'année suivante recommandé après chaque régularisation.
- En copropriété : attendre le décompte définitif du syndic avant de régulariser.
Pour les baux meublés en forfait charges, aucune régularisation n'est due ni possible. Si les charges réelles dépassent le forfait, le bailleur ne peut rien réclamer — et si elles sont inférieures, il n'a rien à rembourser. Cette règle rend le forfait risqué si vous avez sous-estimé les charges au départ.
5. Erreurs fréquentes et litiges à éviter
Les erreurs les plus courantes : inclure des charges non récupérables (frais de gestion de l'agence, honoraires du syndic, assurance de l'immeuble, gros travaux), ne pas transmettre les justificatifs, régulariser trop tardivement, ou confondre les charges de l'exercice avec les appels de fonds provisionnels.
Un locataire qui reçoit un complément de charges sans justificatifs est en droit de le contester. La Commission Départementale de Conciliation (CDC) peut être saisie gratuitement. Si la régularisation n'est pas justifiée, elle sera annulée. En cas de régularisation abusive répétée, le locataire peut solliciter des dommages et intérêts.
Si vous gérez plusieurs biens dans la même copropriété, la ventilation des charges entre les logements doit correspondre aux tantièmes de copropriété de chaque lot. Vous ne pouvez pas arbitrairement répartir les charges entre vos locataires.
- Non récupérables : frais de gestion, assurance de l'immeuble, honoraires de syndic, gros travaux.
- Ne pas confondre appels de fonds provisionnels et charges réelles.
- Justificatifs obligatoires : factures, décompte de copropriété.
- Régularisation tardive : peut affaiblir votre position en cas de litige.
- Ventilation entre logements : respecter les tantièmes de copropriété.
6. Comment lokt vous aide
lokt centralise le suivi des provisions sur charges pour chaque logement : vous enregistrez les provisions mensuelles et les charges réelles au fur et à mesure. À l'échéance, l'espace bailleur calcule automatiquement la régularisation et génère le décompte à transmettre au locataire.
L'historique des provisions et des régularisations est archivé dans lokt par logement. Vous pouvez retrouver en quelques secondes le décompte de charges des 3 dernières années — indispensable si un locataire conteste une régularisation après son départ.
Pour les bailleurs LMNP au régime réel, lokt vous aide à distinguer les charges récupérables (refacturées au locataire) des charges déductibles fiscalement (toutes les charges effectives). Les deux colonnes sont exportables pour votre expert-comptable.
- Suivi des provisions par logement : montants mensuels et total annuel.
- Calcul automatique de la régularisation avec décompte exportable.
- Archivage des justificatifs de charges par année et par logement.
- Export LMNP : distinction charges récupérables / charges fiscalement déductibles.
- Alerte de régularisation annuelle à la clôture de l'exercice de copropriété.
Checklist opérationnelle
Tous les points à valider avant de passer à l'étape suivante.
- Mode de charges choisi dans le bail (provisions ou forfait en meublé)
- Provisions mensuelles estimées correctement
- Décompte de copropriété ou factures rassemblés
- Charges récupérables identifiées (décret 87-713)
- Régularisation calculée : provisions vs charges réelles
- Décompte transmis au locataire avec justificatifs
- Délai légal respecté (1 mois avant régularisation)
- Provisions ajustées pour l'année suivante
- Justificatifs conservés 6 mois après envoi
Sources officielles
Les règles peuvent évoluer. Vérifiez votre situation sur les fiches à jour avant d'agir.
