Assurance PNO propriétaire bailleur 2026 : obligatoire, déductible et bien choisir
Gestion locative13 min de lecture01 juillet 2026

Assurance PNO propriétaire bailleur 2026 : obligatoire, déductible et bien choisir

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Obligatoire en copropriété depuis la loi Alur, déductible à 100 % de vos revenus fonciers. Ce qu'elle couvre que la GLI et l'assurance de votre locataire ne couvrent pas — et les critères pour bien choisir sans payer trop cher.

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Assurance PNO obligatoire 2026 : ce que doit savoir tout propriétaire bailleur

Beaucoup de bailleurs ignorent l'existence de l'assurance PNO, ou la confondent avec l'assurance habitation du locataire. C'est pourtant une protection distincte, obligatoire en copropriété depuis 2014, et utile dans tous les cas de figure pour un propriétaire qui loue. Ce guide fait le tour complet : ce que la PNO couvre, ce qu'elle coûte, pourquoi elle complète — et ne remplace pas — l'assurance du locataire, et comment bien la choisir.


Qu'est-ce que l'assurance PNO ?

La PNO (propriétaire non occupant) est une assurance souscrite par le propriétaire d'un logement qu'il ne l'habite pas lui-même. Elle couvre :

  • Sa responsabilité civile en tant que bailleur : dommages causés à des tiers du fait du logement (fuite d'eau, incendie propagé…)
  • Les sinistres survenus pendant la vacance locative : entre deux locataires, le logement est vide et la MRH du locataire n'est plus là
  • Les lacunes de l'assurance du locataire : si le locataire n'est pas assuré ou insuffisamment assuré
  • Les vices de construction ou défauts d'entretien imputables au propriétaire

Elle ne couvre pas les effets personnels du locataire — c'est l'objet de la MRH souscrite par le locataire lui-même.


Est-elle obligatoire ?

En copropriété : oui depuis la loi Alur

La loi Alur du 24 mars 2014 a rendu l'assurance PNO obligatoire pour tout copropriétaire bailleur (article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété). Cette obligation s'applique dès lors que le logement fait partie d'une copropriété et que le propriétaire ne l'occupe pas.

Le montant minimal de garantie n'est pas fixé par la loi, mais la plupart des contrats proposent un minimum de 1 million d'euros de responsabilité civile.

En cas de sinistre sans PNO dans une copropriété, le syndicat peut engager la responsabilité du copropriétaire défaillant — et l'assureur de la copropriété peut se retourner contre lui.

En maison individuelle : fortement recommandée

Pour une maison qui n'est pas en copropriété, la PNO n'est pas légalement obligatoire. Mais l'absence de PNO crée deux angles morts :

  1. La vacance locative : entre deux locataires, si un sinistre survient (dégât des eaux, incendie partiel, cambriolage avec dommages), personne n'est assuré. Le propriétaire supporte seul les dégâts.

  2. Le locataire non assuré : si le locataire omet de souscrire une assurance habitation malgré son obligation légale, la PNO prend le relais. Sans elle, le propriétaire doit se retourner personnellement contre un locataire souvent insolvable.


Ce que la PNO couvre

Les garanties varient selon les contrats, mais les formules standard incluent généralement :

La responsabilité civile propriétaire

C'est le cœur de la PNO. Elle couvre les dommages causés à des tiers dont le propriétaire est responsable en tant que bailleur :

  • Fuite d'eau depuis votre appartement qui endommage le logement du dessous
  • Incendie qui se propage depuis votre logement aux voisins
  • Chute d'un élément de la façade ou d'un balcon sur un passant
  • Dommages causés par un locataire non assuré pour lesquels le propriétaire est recherché

Les sinistres pendant la vacance locative

Dégât des eaux, incendie, bris de glace, vol avec effraction — tous les sinistres classiques sont couverts pendant les périodes sans locataire, ce qui est l'un des principaux arguments pour la PNO même hors copropriété.

Les recours contre le locataire

Si le locataire cause un sinistre couvert par sa propre MRH, mais que celle-ci est insuffisante ou inexistante, la PNO intervient en complément et peut ensuite se retourner contre le locataire.

Les garanties optionnelles fréquentes

Garantie Détail
Protection juridique Prise en charge des frais de procédure en cas de litige locatif
Perte de loyers Indemnisation des loyers perdus pendant la durée des travaux post-sinistre
Dégradations immobilières Couverture des dégâts causés par le locataire au bâti (hors mobilier)
Catastrophes naturelles Obligatoire légalement dans tout contrat d'assurance dommages en France
Tempête / grêle / neige Couvre les dommages aux toitures, fenêtres, volets

Ce que la PNO ne couvre PAS

Même avec une bonne PNO, certains risques restent exclus. Il est important de les connaître pour éviter les mauvaises surprises.

Les effets personnels du locataire. La PNO ne couvre jamais les biens du locataire (meubles, vêtements, appareils électroniques). C'est l'objet de son assurance MRH.

Les loyers impayés. La PNO ne couvre pas le risque d'impayé locatif. C'est l'objet d'une assurance GLI séparée.

Les dégradations volontaires dans certains contrats. Certaines PNO excluent les dégradations commises intentionnellement par le locataire sur le bâti. Vérifiez les conditions générales.

La partie "structure" déjà couverte par la copropriété. L'assurance de la copropriété couvre les parties communes et parfois les murs. La PNO couvre ce que la copropriété ne couvre pas : l'intérieur du logement et la responsabilité individuelle du bailleur.

Les défauts structurels anciens. Si un sinistre résulte d'un vice de construction préexistant et connu, la PNO peut refuser la garantie.


Combien ça coûte ?

La PNO est l'une des assurances les moins coûteuses pour un propriétaire. À titre indicatif :

Type de bien Coût annuel moyen
Studio ou T1 (< 30 m²) 80 à 120 €/an
Appartement T2-T3 (30-70 m²) 100 à 160 €/an
Grand appartement (> 70 m²) 130 à 200 €/an
Maison individuelle 150 à 300 €/an

Ces fourchettes varient selon :

  • La localisation (zone inondable, zone à risque sismique...)
  • L'année de construction et l'état général du bâtiment
  • Les garanties souscrites (formule de base vs formule étendue)
  • L'assureur choisi

Déductibilité fiscale : la prime PNO est une charge déductible dans tous les régimes réels (régime réel foncier pour la location nue, régime réel BIC pour le LMNP). Sur un appartement générant 8 000 €/an de loyers avec une TMI de 30 %, une PNO à 130 €/an représente une économie fiscale réelle de ~57 € — son coût net est donc de ~73 €/an.


PNO et assurance habitation du locataire : complémentaires, pas substituables

C'est la confusion la plus fréquente. Voici comment les deux assurances s'articulent.

L'assurance MRH du locataire (obligatoire)

Le locataire est légalement obligé de souscrire une assurance habitation couvrant sa responsabilité civile locative. C'est l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989. Cette assurance couvre :

  • Les dommages causés au logement ou aux voisins par le locataire (incendie, dégât des eaux...)
  • Les effets personnels du locataire (en option)
  • Sa responsabilité civile au quotidien

Ce qu'elle ne couvre pas : la responsabilité du bailleur, les sinistres pendant la vacance, les dommages imputables au bâtiment lui-même.

Quand la PNO intervient en complément de la MRH

Situation Qui intervient ?
Dégât des eaux causé par le locataire → voisin MRH du locataire
Dégât des eaux pendant la vacance locative PNO du bailleur
Le locataire n'est pas assuré → sinistre PNO du bailleur (qui se retourne contre le locataire)
Fissure structurelle → dommages voisins PNO du bailleur
Chute d'un volet → dommages tiers PNO du bailleur
Sinistre locataire + franchise MRH MRH pour l'essentiel, PNO pour le complément

La PNO et la MRH ne se font pas concurrence — elles couvrent des angles différents. Un bailleur sérieux souscrit les deux (la sienne + vérifie que le locataire a la sienne).


PNO et GLI : peut-on cumuler les deux ?

Oui, et c'est même recommandé pour les bailleurs qui veulent se protéger complètement.

La PNO couvre les dommages matériels et la responsabilité civile. La GLI (Garantie Loyers Impayés) couvre les loyers non perçus et, selon les contrats, les frais de procédure et les dégradations locatives.

Risque PNO GLI
Dégâts des eaux, incendie
Loyers impayés
Frais de procédure d'expulsion Option ✅ souvent
Dégradations locatives Option dans certaines PNO Option dans certaines GLI
Vacance locative Option dans certaines GLI

Beaucoup d'assureurs proposent des formules combinées PNO + GLI avec une légère remise sur la prime globale. C'est pertinent si le profil du locataire justifie une GLI (CDD, revenus proches du seuil).


Comment choisir sa PNO ?

1. Vérifiez la responsabilité civile minimale

Privilégiez un contrat garantissant au minimum 2 millions d'euros de responsabilité civile. Certains contrats d'entrée de gamme plafonnent à 800 000 €, ce qui peut être insuffisant pour un sinistre grave dans un immeuble.

2. Vérifiez la couverture vacance locative

C'est souvent un point de différenciation entre contrats. Certains couvrent la vacance sans limite de durée, d'autres limitent à 90 jours ou à la durée entre deux baux. Si vous avez régulièrement des périodes sans locataire, vérifiez ce point.

3. Vérifiez les exclusions de dégradations

Certaines PNO excluent les dégradations causées par le locataire sur le bâti (murs, sols, sanitaires). Si vous voulez cette couverture, vérifiez qu'elle est incluse ou souscrivez une option.

4. Comparez la franchise

Les franchises varient de 0 à 500 € selon les contrats. Une franchise élevée réduit la prime mais augmente votre reste à charge en cas de sinistre.

5. Mutualiser avec les autres contrats

Si vous avez plusieurs biens, une assurance multi-risques propriétaire peut être plus économique qu'une PNO par logement. À partir de 3-4 biens, des assureurs spécialisés proposent des formules dégressives.


Que se passe-t-il si vous n'avez pas de PNO ?

En copropriété

Le défaut de PNO est une infraction à la loi Alur. En cas de sinistre :

  • L'assurance de la copropriété peut se retourner contre vous pour les dommages aux parties communes
  • Les voisins victimes peuvent vous poursuivre personnellement en responsabilité civile
  • Le syndicat de copropriété peut vous mettre en demeure de vous assurer et vous facturer un contrat souscrit pour votre compte

En maison individuelle

Aucune sanction légale directe — mais l'exposition financière est réelle. En cas de sinistre pendant la vacance locative ou d'absence d'assurance du locataire, vous supportez seul les dommages. Sur un dégât des eaux grave ou un début d'incendie, les montants peuvent rapidement dépasser 10 000 à 50 000 €.

Scénario concret sans PNO

Un locataire part en vacances. La tuyauterie cède, le logement est inondé et les dégâts atteignent les deux appartements du dessous. Le locataire a une MRH qui couvre sa responsabilité — mais une franchise de 300 € et un plafond de 15 000 €. Les dégâts totaux sont de 22 000 €.

Sans PNO : vous assumez le delta entre le plafond de la MRH et les dégâts réels, plus les 300 € de franchise, plus les dommages à votre propre bien non couverts.

Avec une PNO à 130 €/an : la PNO prend le relais au-delà de la MRH et couvre votre propre bien.


Cas particuliers

LMNP — location meublée

La PNO est recommandée de la même façon. En LMNP, la prime est déductible comme charge réelle au régime réel BIC. Si vous déclarez au micro-BIC, elle est couverte par l'abattement forfaitaire de 50 %.

Résidence secondaire mise en location saisonnière

Pour un meublé de tourisme (Airbnb, Gîtes de France...), la PNO classique peut ne pas suffire : certains contrats excluent la location saisonnière ou plafonnent les garanties. Des assurances spécifiques "location saisonnière" existent, souvent plus chères (200 à 400 €/an). Les plateformes comme Airbnb proposent aussi leur propre protection hôte — qui ne remplace pas une PNO mais peut la compléter.

Logement vacant hors location

Si un logement est vacant depuis plus de 90 jours sans locataire actuel ni projet de location immédiat, certaines PNO ne s'appliquent plus. Des assurances "logement vacant" couvrent spécifiquement ce cas. Signalez la vacance prolongée à votre assureur pour adapter le contrat.

SCI

La PNO peut être souscrite au niveau de la SCI (le bailleur est alors la SCI) ou à titre personnel pour chaque associé. La première option est souvent plus simple et la prime est déductible du résultat de la SCI.


Les erreurs les plus fréquentes des bailleurs

Ne pas avoir de PNO du tout. Encore trop fréquent, notamment chez les bailleurs débutants. La loi l'impose en copropriété et la prudence le recommande partout ailleurs.

Croire que l'assurance du locataire suffit. La MRH couvre les risques du locataire, pas ceux du propriétaire. Les deux sont nécessaires et indépendants.

Ne pas déclarer la vacance locative. Si votre contrat exclut la vacance de plus de 90 jours et que vous ne signalez pas à l'assureur une vacance prolongée, vous pouvez vous retrouver sans couverture au pire moment.

Sous-estimer la valeur du bien assuré. Si vous déclarez une valeur reconstruite inférieure à la réalité (pour payer moins de prime), vous serez pénalisé par la règle proportionnelle en cas de sinistre : l'assureur ne remboursera qu'une fraction des dégâts.

Oublier de déclarer des modifications. Travaux importants, changement de destination, agrandissement — ces modifications peuvent changer votre profil de risque. Signalez-les à votre assureur pour maintenir la validité du contrat.


En résumé

PNO MRH locataire GLI
Responsabilité civile propriétaire
Dommages au bien pendant vacance
Défaut d'assurance du locataire
Loyers impayés
Effets personnels du locataire
Coût annuel moyen 100-200 € 100-250 € 2,5-4 % loyers

La PNO est l'une des assurances les moins chères du patrimoine immobilier — et l'une des plus sous-estimées. Elle couvre précisément les angles morts que ni l'assurance de la copropriété, ni celle du locataire ne couvrent : les périodes de vacance, les sinistres structurels imputables au bailleur, et les défauts d'assurance locataire.


Sources et références


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